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Le Naadam est la grande fête estivale de la Mongolie, qui célèbre ce que l’on appelle les trois jeux virils : la lutte, les courses de chevaux et le tir à l’arc. Les femmes et les jeunes filles concourent depuis longtemps au tir à l’arc et les enfants montent dans les courses : le nom est donc bien réducteur. C’est l’événement le plus attendu de l’année, et pour beaucoup de familles il marque le cœur de l’été.
Les célébrations nationales ont lieu à Oulan-Bator, généralement du 11 au 15 juillet, les principaux jours fériés tombant au début. Les dates peuvent légèrement varier d’une année à l’autre : vérifiez toujours le calendrier officiel de votre année avant de réserver vos vols.
Où y assister : en ville ou à la campagne
Vous avez deux grandes options.
Le Naadam national à Oulan-Bator s’ouvre par une cérémonie spectaculaire au stade central : troupes à cheval, arrivée des neuf étendards en crins de cheval, musique, danse et un stade comble. La lutte commence juste après. C’est grand, coloré et bondé, et les billets pour la cérémonie d’ouverture sont très demandés.
Les Naadams locaux se tiennent dans les chefs-lieux de province et de district tout au long de l’été, souvent à des dates différentes. Plus petits, plus lents et bien plus intimes, ils vous placent assez près pour entendre respirer les lutteurs, bavarder avec les familles des jockeys et recevoir sans doute un ou deux raviolis. Beaucoup de voyageurs en reviennent en disant que c’était le meilleur moment.
La meilleure formule est souvent de faire les deux : la cérémonie d’ouverture en ville, puis un festival local dans la steppe.
Les trois jeux
La lutte
Les lutteurs portent une veste ajustée ouverte sur le devant, un slip et des bottes à bout relevé. Il n’y a ni catégories de poids ni limite de temps. Un combat se termine quand une partie du corps autre que les pieds ou les mains touche le sol. Avant et après chaque combat, les lutteurs exécutent la danse de l’aigle, bras grands ouverts, et le vainqueur passe sous le bras levé du vaincu.
Les titres gagnés au fil d’une carrière, comme faucon, éléphant, lion ou titan, sont extrêmement prestigieux et accompagnent un lutteur toute sa vie.
Les courses de chevaux
Les courses se disputent en pleine nature et non sur une piste, sur des distances qui peuvent dépasser 25 km selon l’âge des chevaux. Les jockeys sont des enfants, souvent âgés d’environ sept à douze ans, qui montent légers et vite. L’arrivée est sauvage : des chevaux qui surgissent d’un nuage de poussière, une foule qui se presse pour toucher les vainqueurs en signe de chance, et la sueur d’un cheval champion presque considérée comme une bénédiction.
Les lieux de course sont généralement assez éloignés du stade, et l’aller-retour demande de l’organisation. Un bon guide fait ici toute la différence.
Le tir à l’arc
Le tir à l’arc est le plus accessible des trois, et souvent le plus paisible. Des archers en tenue traditionnelle tirent sur de petites cibles en cuir posées au sol, tandis qu’au bout du pas de tir des juges chantent le résultat de chaque tir, bras levés. Regardez un moment et vous commencerez à en saisir le rythme.
Au-delà des jeux
Le Naadam est aussi un gigantesque pique-nique. Les familles se retrouvent dans leurs plus beaux deels, des stands vendent des khuushuur, les chaussons de mouton frits emblématiques du festival, et les concours de tir aux osselets attirent un public fidèle. Concerts et feux d’artifice prolongent l’ambiance le soir en ville.
Le Naadam n’est pas un spectacle monté pour les visiteurs. Vous êtes invité à la fête du pays, et plus vous le vivez ainsi, plus il vous le rend.
Conseils pratiques
- Réservez tôt. Juillet est la haute saison, et vols et hôtels en ville se remplissent des mois à l’avance.
- Attendez-vous à la foule et aux embouteillages à Oulan-Bator pendant les principaux jours. Prévoyez largement le temps de chaque trajet.
- Protégez-vous du soleil. Vous pouvez passer la journée dehors sur un terrain exposé. Chapeau, crème solaire et eau sont indispensables.
- Prévoyez une couche chaude. Les soirées peuvent vite fraîchir, même à la mi-juillet.
- Ayez de la petite monnaie en tögrög pour les stands et les souvenirs.
- Demandez avant de photographier les gens, surtout les familles et les jeunes jockeys, et restez bien en retrait de la ligne d’arrivée, où les chevaux arrivent au grand galop.
Savoir-vivre pour les visiteurs
Respectez l’espace autour de l’aire de lutte et ne traversez pas l’arène pendant les combats. Lors des festivals locaux, on pourra vous offrir de l’airag, du lait de jument fermenté, ou une part de nourriture. Acceptez de la main droite, prenez au moins une gorgée ou une bouchée, et dites merci. Si vous ne buvez pas d’alcool, vous pouvez porter le bol à vos lèvres et le rendre.
Habillez-vous correctement ; il n’y a pas de code vestimentaire, mais les habitants se parent de leurs plus beaux habits et une tenue soignée est appréciée.
Intégrer le Naadam à un voyage plus long
La plupart des voyageurs associent le Naadam à un voyage dans la campagne. Un schéma classique consiste à arriver quelques jours avant le festival, partir à Terelj ou dans la steppe centrale pour un Naadam local, revenir pour la cérémonie d’ouverture dans la capitale, puis filer vers le Gobi ou la vallée de l’Orkhon une fois la foule dispersée.
Comme les dates sont calées sur la fête nationale, ce sont les départs qui affichent complet en premier. Si le Naadam est la raison de votre voyage, dites-le-nous tôt, et nous construirons le reste autour.